TECHNIQUE

Récolter des associations céréale(s)-protéagineux à un stade immature



Mélange céréales-protéagineux

portlet.vue.concept.creditImageSophie Valleix

geco.statutConcept.aboutie
portlet.vue.concept.derniereModification10/06/2021
portlet.vue.concept.contributeur.voir

portlet.vue.concept.discussionLiee

portlet.vue.concept.structure.presentationTechnique


portlet.vue.concept.structure.caracterisationTechnique

portlet.vue.concept.structure.descriptionTechnique :

Les mélanges céréales-protéagineux, aussi appelés méteils, sont dits immatures lorsqu’ils sont récoltés à un stade précoce dans le but de constituer une ressource fourragère (ensilage, enrubannage ou foin éventuellement, voire en pâturage).

Des céréales peuvent aussi être cultivées seules dans ce même objectif (cf page « Récolter des céréales à un stade immatures »).

Un des intérêts de la technique, au-delà du fourrage qu'elle permet de produire, est la libération précoce de parcelles sur lesquelles d’autres cultures annuelles peuvent être mises en place rapidement.

portlet.vue.concept.structure.precisionTechnique :

Ces associations peuvent être composées de deux à six espèces. Les mélanges simples (deux à trois espèces) sont plus faciles à mettre en place, car il est plus aisé de trouver des espèces aux stades de maturité proches. Toutefois, ils auront moins d’impacts positifs que des mélanges plus complexes, notamment en ce qui concerne la résistance aux aléas climatiques. Chaque agriculteur doit alors trouver le bon compromis dans son système de culture.

L’une des principales difficultés à conduire ce type de cultures réside dans l’impossibilité de prévoir la part des différentes espèces dans le mélange final, des variabilités très fortes étant observées entre les sites et les années de production. Il semble, d’après plusieurs essais, que la composition à la récolte d’un mélange céréales-protéagineux dépendrait de la disponibilité en azote minéral du sol, élément qui pourrait alors être utilisé pour viser un objectif de production. De plus, les conditions climatiques, notamment hivernales, influent aussi beaucoup sur le mélange final, au travers de la présence plus ou moins forte de protéagineux, les protéagineux étant sensibles aux excès d’eau.



portlet.vue.concept.structure.echelleTemporelleMiseEnOeuvre
geco.echelleTemporelle.CULTURE_IMPLANTEE

Cette association peut faire l’objet d’une culture principale ou bien d’une culture dérobée



portlet.vue.concept.structure.echelleSpatialeMiseEnOeuvre
geco.echelleSpatiale.PARCELLE
geco.echelleSpatiale.EXPLOITATION

Cette pratique s'applique par parcelle mais doit être réfléchie à l'échelle de l'assolement, et donc de l'exploitation, en fonction des besoins en fourrage.

portlet.vue.concept.structure.possibiliteExtrapolation

portlet.vue.concept.structure.toutesProductions : geco.generalisation.DELICATE

Avant de choisir les espèces d’un mélange céréales/protéagineux à récolter en fourrage, il est important de tenir compte des paramètres suivants :

  • Résistance à la verse de chaque espèce
  • Hauteur de chaque espèce
  • Complémentarité nutritionnelle des espèces en mélange
  • Éventuels facteurs antinutritionnels de certaines variétés de protéagineux.
  • Enfin, il est conseillé d’opter pour des périodes de maturité relativement proches, même si ce critère est moins essentiel que pour une récolte en grains.
Si plusieurs associations sont possibles, la plus répandue reste tout de même l’association pois fourrager-triticale, qui est bien adaptée à des conditions variées de milieux. 


portlet.vue.concept.structure.tousSols : geco.generalisation.DELICATE
Les mélanges céréales-protéagineux s’adaptent à des types de sols variés moyennant un sol peu acide (pH > 5,5). Cependant, il est recommandé d’éviter ces mélanges en sols hydromorphes, car les légumineuses sont sensibles à l’hydromorphie et cela pourrait engendrer des pertes et donc un déséquilibre du mélange. 

 



portlet.vue.concept.structure.tousContextesClimatiques : geco.generalisation.FACILEMENT

La diversité du choix d’associations existantes fait qu’il est possible de trouver des mélanges qui s’adaptent à différents types de climats.   

portlet.vue.concept.structure.reglementation

Il n’existe pas de réglementation particulière qui favorise ou défavorise cette pratique




portlet.vue.concept.structure.objectifEtAutre


Autonomie fourragère

Autonomie protéique

Régulation et gestion des adventices

Fourniture de nutriments


portlet.vue.concept.structure.effetDeLaTechnique


portlet.vue.concept.structure.criteresEnvironnementaux

portlet.vue.concept.structure.effetQualiteAir : geco.variation.AUGMENTATION
La réduction de l’utilisation des fertilisants azotés sur les cultures associées, du fait de la présence de légumineuses, peut conduire à une réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la production et à l’application de ces engrais

portlet.vue.concept.structure.effetQualiteEau : geco.variation.AUGMENTATION

Les associations permettent de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires :

Réduction de herbicides du fait qu’elles permettent de réduire la pression en adventices (voir partie services rendus)
Impasse sur les fongicides grâce l’association, alors que cultiver en pure des céréales ou des protéagineux ne permet pas toujours l’impasse sur les fongicides.

Cette réduction de produits phytosanitaires a un impact positif sur la qualité de l’eau



portlet.vue.concept.structure.effetRessourcesFossiles : geco.variation.DIMINUTION
A production équivalente, une association blé-pois a des impacts d’environ 30 à 60% inférieurs aux cultures pures concernant le changement climatique (émissions de GES) et la demande en énergie. (Pelzer et al, 2014)

Autre : geco.variation.NEUTRE
La présence de protéagineux dans les mélanges limite les besoins en azote et permet de laisser un reliquat azoté intéressant pour la culture suivante. De plus, le pouvoir étouffant des mélanges permet d’éviter des opérations de désherbage et la résistance aux ravageurs et maladies est accrue grâce à une densité plus faible de chacune des espèces et un effet barrière entre elles.


portlet.vue.concept.structure.criteresAgronomiques

portlet.vue.concept.structure.effetProductivite : geco.variation.AUGMENTATION

Les rendements sont plus importants et plus réguliers grâce à la complémentarité entre les espèces. En effet, les diverses espèces présentes ont des caractéristiques de développement et d’adaptation aux conditions pédoclimatiques différentes les unes des autres qui font que, selon les conditions de l’année, l’une ou l’autre des espèces sera capable d’assurer le rendement. Celui-ci est généralement plus élevé que ceux d’une culture de céréale pure ensilée (+ 5 à 15 %).



portlet.vue.concept.structure.effetQualiteProduction : geco.variation.VARIABLE

Les associations céréales-protéagineux, ou méteil, constituent généralement un fourrage équilibré (quand il y a 30 % de protéagineux dans le mélange final)  et polyvalent. Les valeurs protéiques et énergétiques de ces mélanges sont plus élevées que celles des céréales pures immatures, notamment grâce à la présence de protéagineux dans le fourrage final. Toutefois, par rapport à un ensilage de maïs ou de sorgho, la principale limite nutritionnelle d’un ensilage d’association céréales-protéagineux est sa faible densité énergétique (environ  0,75 UFL/Kg de MS), couplée à un encombrement important.

Ces espèces permettent aussi un apport de minéraux intéressant, ainsi qu'une bonne teneur en cellulose (27 à 28 %) et donc une bonne fibrosité.

Etant donné la variabilité de la composition du mélange récolté, pour l’alimentation des animaux, de nombreux auteurs conseillent aux éleveurs de faire analyser leur mélange fourrager à la récolte afin d’ajuster au mieux la ration.

De plus les protéagineux peuvent comporter des facteurs antinutritionnels, tels que par exemple des facteurs anti-trypsiques, qui empêchent la transformation des protéines en acides aminés. Cela a tendance à réduire leur utilisation dans les aliments pour les animaux d’élevage.



portlet.vue.concept.structure.fertiliteSol : geco.variation.AUGMENTATION

La présence de protéagineux dans les mélanges limite les besoins en azote et permet de laisser un reliquat azoté intéressant pour la culture suivante. De plus, les systèmes racinaires variés et une biomasse racinaire importante permettent de conserver une bonne structure du sol.

Ces associations sont de bons précédents pour des prairies semées en fin d'été ou pour une culture fourragère à cycle rapide (maïs, sorgho)



portlet.vue.concept.structure.stressHydrique : geco.variation.DIMINUTION

On observe une meilleure résistance à la sécheresse du mélange d’espèces par rapport à la culture d’espèce unique avec une meilleure utilisation de l’espace et une augmentation de la prospection racinaire. De plus, les mélanges céréales-protéagineux épuisent moins les réserves en eau du sol qu’un ray-grass en dérobé qui peut assécher le sol.  



portlet.vue.concept.structure.biodiversiteFonctionnelle : geco.variation.NEUTRE



portlet.vue.concept.structure.criteresEconomiques


portlet.vue.concept.structure.chargesOperationnelles : geco.variation.DIMINUTION
Les associations permettent de limiter l’utilisation des produits phytosanitaires, des engrais azotés et des concentrés alimentaires et donc de diminuer les charges liées à l’achat de ces produits. 

portlet.vue.concept.structure.chargeMecanisation : geco.variation.NEUTRE


portlet.vue.concept.structure.marge : geco.variation.VARIABLE
Les fourrages de mélanges céréales-protéagineux immatures sont produits à moindres coûts grâce à un itinéraire cultural simple, avec des dépenses essentiellement concentrées sur les semences, et grâce à des rendements globalement équivalents à ceux d’un ensilage de maïs. L’intérêt économique des céréales ou mélanges immatures dépend de la disponibilité des autres ressources fourragères qui auraient pu être utilisées. 


portlet.vue.concept.structure.criteresSociaux


portlet.vue.concept.structure.periodePointe : geco.variation.AUGMENTATION

Les céréales et associations céréales-protéagineux immatures sont le plus fréquemment récoltées au printemps ou en été, généralement de mi-mai à mi-juin, voir début juillet dans certaines régions. Cette période peut parfois coïncider avec les chantiers de foin, ce qui peut entraîner des difficultés d’organisation pour les agriculteurs. De plus, la fenêtre d’intervention possible pour la récolte est relativement courte (moins d’une semaine à une dizaine de jours selon les sources), d’où l’importance de bien surveiller sa culture à l’approche du stade optimal de récolte.





portlet.vue.concept.structure.organismesVivantsFavorisesDefavorises


portlet.vue.concept.structure.bioagresseursFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.bioagresseursDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.auxiliairesFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.auxiliairesDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.accidentsClimatiquesFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.accidentsClimatiquesDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.precisions
Verse FORTE Les céréales ont un effet tuteur limitant les risques de verse de l’association. Cela est intéressant pour les cultures sensibles à la verse telle que la vesce.


portlet.vue.concept.structure.quelquesReferences

IDELE
2018
M-H.Jeuffroy (INRAE)
2017
ARPEB
2015
Pelzer E. (INRAE), Bedoussac L. (INRAE), Corre-Hellou G. (Lunam Université), Jeuffroy M.-H. (INRAE), Métivier T. (CA Calvados), Naudin C. (Lunam Université)
2014
Véronique Biarnès et Benoît Carrouée (UNIP), Delphine Bouttet et Isabelle Chaillet (Arvalis), Guénaëlle Hellou (ESA Angers), Laurence Fontaine (ITAB), Joannie Leroyer (ITAB), J.-P. Coutard (CA Maine et Loire), Bernard Gaillard (Arvalis), Stanislas Lubac (Inter Bio Bretagne), Thierry Métivier (CA Calvados)
2011
R. Bourdais (IBB : Initiative Bio en Bretagne)
2009
Philippe Brunschwing (IDELE) ; Nicolas Bulot (CA Sarthe) ; Jean-Paul Coutard (CA Maine et Loire) ; Stéphanie Guibert (Ca Mayenne) ; Julien Turquet (Contrôle laitier Vendée) ; Myriam Laurent (CA Pays de la Loire) ; Yvelise Mathieu (Contrôle laitier Vendée) ; Frédéric Mazoue (CA Vendée) ; Emmanuel Mérot (CA Loire Atlantique) ; Innocent Pambou (CA Maine et Loire) ; Patrice Pierre (CA Mayenne)
2009
Sabrina PEYRILLE (CA Charente) ; Sébastien BESSONNET et Christophe MAUGER (CA Charente-Maritime) ; Laurence ROUHER (CA Deux-Sèvres) ; Arnaud MOUILLET (CA Vienne) Benoît RUBIN (IDELE) ; Gildas CABON (ARVALIS) ; Vanessa LE MOIGNIER et Christophe BERTRAND (Contrôle Laitier de la Charente Maritime)
2006
SOLAGRO

portlet.vue.concept.structure.motsCles


portlet.vue.concept.structure.methodeControleBioagresseurs : Contrôle cultural
portlet.vue.concept.structure.modeAction : Barrière
portlet.vue.concept.structure.typeStrategiePesticide : Reconception
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