TECHNIQUE

Implanter des cultures intermédiaires attractives pour les auxiliaires



geco.statutConcept.aboutie
portlet.vue.concept.derniereModification11/06/2021
portlet.vue.concept.contributeur.voir

portlet.vue.concept.discussionLiee

portlet.vue.concept.structure.presentationTechnique


portlet.vue.concept.structure.caracterisationTechnique

portlet.vue.concept.structure.descriptionTechnique :

Cette technique consiste à implanter des cultures intermédiaires connues pour leur capacité à attirer les auxiliaires et en tirer ensuite les bénéfices associés. En effet, elles présentent un refuge et une source de nourriture pour les auxiliaires pendant la période d’interculture et peuvent permettre de réguler indirectement les populations de ravageurs au sein de la parcelle. 

Les cultures intermédiaires peuvent également apporter d’autres intérêts comme gérer les adventices, les maladies, augmenter la biodiversité (pollinisateurs, faune sauvage), produire du fourrage ou de la biomasse, etc. Cette technique est complémentaire d’une gestion des haies et des bords de champs en faveur de la biodiversité et donc des auxiliaires. 

portlet.vue.concept.structure.precisionTechnique :

L'intérêt de cette culture est d'autant plus important qu'elle peut se développer et parvenir au stade floraison. L’une des expériences d’Arvalis et Terres Inovia dans la réalisation des essais du CASDAR InterAPI est qu’il est nécessaire de semer au plus tôt pour assurer une floraison à une période où les pollinisateurs et particulièrement l'abeille domestiques sont encore actifs, et que suivant les espèces choisies, le risque de montée à graine peut être très élevé (moutarde, sarrasin…). Il est conseillé de choisir des espèces à cycle court. Les mélanges d'espèces sont conseillés car ils présentent des périodes de floraison plus longues, des types de fleurs et des couleurs variés. Pas d'informations sur le mode de destruction, qui a cependant très probablement une influence sur les populations d'auxiliaires. Il faudra en effet limiter l’utilisation de produits chimiques, au risque d’anéantir tout ce qui a été fait précédemment. 

 

Quelques exemples d’espèces : 

La moutarde blanche et le mélilot blanc ou jaune attirent les syrphes ; les légumineuses (féverole hiver, féverole printemps, gesse, lentille, pois hiver, pois printemps, sainfoin, trèfle blanc, trèfle d'Alexandrie, trèfle de Michelli, trèfle de Perse, trèfle incarnat, trèfle violet, vesce commune) attirent de nombreux auxiliaires dont les punaises prédatrices ; le sarrasin attire les syrphes et les pollinisateurs en général (fort pouvoir méllifère). La phacélie attire de nombreux auxiliaires dont les syrphes et les trichogrammes ainsi que des pollinisateurs (abeilles) grâce à son fort pouvoir mellifère. Le fénugrec et le nyger peuvent aussi attirer les auxiliaires. 

Exemple de mise en œuvre :  

Après la récolte d'une culture de blé tendre d'hiver, semer du sarrasin (par exemple début août) à 35 Kg/ha avec un semoir classique (semis en ligne). Le sarrasin attire de nombreux auxiliaires comme les syrphes ou les abeilles car c'est une des premières espèces à fleurir et sera détruit par le gel en novembre (variable selon le contexte climatique). Semer la culture suivante au printemps, par exemple un pois de printemps. 

 

Points de vigilance 

Si l’implantation de cultures intermédiaires permet de favoriser la présence des auxiliaires, elles peuvent également favoriser les ravageurs (ex. limaces, pucerons ou encore campagnols). Il est donc important d'orienter le choix tant des espèces de cultures intermédiaires que des cultures principales qui leur sont associées ou leur succèdent dans la rotation, afin de minimiser les risques de dommages aux cultures. Cela permet aussi de maintenir une continuité dans la présence des auxiliaires pour que l’équilibre soit préservé pendant la culture et non seulement pendant l’interculture. 

 

Quelques actions, projets, programmes : 

Le projet InterAPI avait pour objectif de créer un territoire conciliant les besoins des abeilles mellifères et les enjeux d'une agriculture durable.

Le projet ARENA s’intéressait à la régulation naturelle des ravageurs par les auxiliaires des cultures présents au sein des agrosystèmes.

 

Outils d'évaluation / d’aide à la décision : 

Un outil d’aide à la gestion de la ressource mellifère a été issu du projet InterAPI. Il permet la recherche d’une espèce végétale à partir de différentes entrées.  

L’arbre d’évaluation multicritères DEXi ARENA est destiné à être utilisé par des conseillers lors d’ateliers d’animation de groupes d’agriculteurs afin de construire des prototypes de systèmes innovants favorables aux auxiliaires liés aux pucerons.

L’outil "Choix des couverts" d’Arvalis permet d’orienter le choix du couvert à implanter en fonction du contexte et des objectifs.



portlet.vue.concept.structure.echelleTemporelleMiseEnOeuvre
geco.echelleTemporelle.INTERCULTURE


portlet.vue.concept.structure.echelleSpatialeMiseEnOeuvre
geco.echelleSpatiale.PARCELLE


portlet.vue.concept.structure.possibiliteExtrapolation

portlet.vue.concept.structure.toutesProductions : geco.generalisation.FACILEMENT

Les possibilités sont variables en fonction de la durée de l'interculture.



portlet.vue.concept.structure.tousSols : geco.generalisation.FACILEMENT

Choix des espèces et variétés à adapter au sol.



portlet.vue.concept.structure.tousContextesClimatiques : geco.generalisation.FACILEMENT
geco.typesClimat.CONTINENTAL
geco.typesClimat.OCEANIQUE
geco.typesClimat.MEDITERANEEN
geco.typesClimat.ALPIN

Choix des espèces et variétés à adapter au climat local.



portlet.vue.concept.structure.reglementation

portlet.vue.concept.structure.influence
POSITIVE

La Directive Nitrate impose la couverture du sol pendant l'hiver en zone vulnérable, on peut saisir cette opportunité pour choisir un couvert attractif pour les auxiliaires.




portlet.vue.concept.structure.objectifEtAutre


Gestion des auxiliaires pollinisateurs

Gestion des auxiliaires ennemis des bioagresseurs


portlet.vue.concept.structure.effetDeLaTechnique


portlet.vue.concept.structure.criteresEnvironnementaux

portlet.vue.concept.structure.effetQualiteAir : geco.variation.AUGMENTATION

Par rapport à un sol nu, les cultures intermédiaires permettent de diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires si la destruction du couvert n’est pas réalisée chimiquement.



portlet.vue.concept.structure.effetQualiteEau : geco.variation.AUGMENTATION

Réduction éventuelle de l'utilisation de pesticides (variable selon les molécules) et le piégeage d'azote et de phosphore (dans une moindre mesure) par le couvert.



portlet.vue.concept.structure.effetRessourcesFossiles : geco.variation.VARIABLE

L'implantation et la destruction du couvert entrainent une consommation de carburant plus importante que le maintien du sol nu pendant l'interculture (sauf légumineuse en interculture qui permet de réduire les apports d'azote de 30 unités au maximum ce qui correspond à une économie d'énergie fossile via la production de l'engrais) ainsi que des émissions de GES liées à la consommation de carburant. Le développement du couvert permet de stocker du carbone dans le sol et éventuellement de réduire les besoins en engrais azotés. Le bilan est donc "variable" à l'échelle de la culture. 




portlet.vue.concept.structure.criteresAgronomiques

portlet.vue.concept.structure.effetProductivite : geco.variation.VARIABLE

Il est nécessaire d’adapter le choix du couvert à la culture suivante. D'une manière générale, on évite de semer une culture intermédiaire de la même famille botanique que la culture suivante. Attention aussi aux éventuels effets allélopathiques. Effet généralement positif des cultures intermédiaires à base de légumineuses sur céréales à pailles, maïs, betteraves qui suivent. Effet généralement neutre ou légèrement négatif des autres espèces. Variable aussi suivant les conditions de destruction de la culture intermédiaire. 



portlet.vue.concept.structure.effetQualiteProduction : geco.variation.INCONNUE


portlet.vue.concept.structure.fertiliteSol : geco.variation.AUGMENTATION

L'azote capté par le couvert pendant son développement est restitué progressivement après sa destruction. Une partie sera directement disponible pour la culture suivante. Le couvert permet aussi d'améliorer la disponibilité en phosphore et en potasse pour la culture suivante (remobilisation des éléments). La structure et la teneur en matière organique du sol peuvent aussi être améliorés.

Par ailleurs, la couverture du sol limite la battance en réduisant les impacts des gouttes de pluie sur le sol.



portlet.vue.concept.structure.stressHydrique : geco.variation.AUGMENTATION

Le prélèvement d'eau pendant le développement du couvert peut réduire l'eau disponible dans la réserve utile, en particulier en cas d'hiver sec. La destruction du couvert devra être adaptée au type de sol et aux exigences en eau de la culture suivante.



portlet.vue.concept.structure.biodiversiteFonctionnelle : geco.variation.AUGMENTATION

La présence de couverts favorise certaines espèces en leur fournissant refuge et nourriture (insectes, macro et microfaune du sol, oiseaux, etc.). Cet effet est variable selon la nature du couvert, par exemple s'il s'agit d'une espèce nectarifère ou pas.

Les auxiliaires, les pollinisateurs et la faune du sol peuvent ainsi être favorisés par la présence du couvert, de façon variable selon la ou les espèces choisies.



Développement des bioagresseurs : geco.variation.VARIABLE

Les cultures intermédiaires peuvent avoir un effet variable sur les bioagresseurs. Elles rompent le cycle de certains, mais fournissent un habitat et/ou de la nourriture à d'autres (limaces, tenthrèdes, altises, pucerons). Il faut éviter de choisir des cultures intermédiaires hôtes de bioagresseurs communs à ceux des cultures principales (ex. crucifères dans une rotation avec colza fréquent).




portlet.vue.concept.structure.criteresEconomiques


portlet.vue.concept.structure.chargesOperationnelles : geco.variation.AUGMENTATION

En fonction de l'espèce ou du mélange d'espèces choisi, le coût de semences peut varier de 10 à 100 €/ha.



portlet.vue.concept.structure.chargeMecanisation : geco.variation.AUGMENTATION

Le coût de l'implantation peut varier de 0 €/ha (semis à la récolte sous la coupe) à 60 €/ha (semis direct). Le coût de destruction varie également de 0 €/ha (gel) à 30 €/ha (broyage + enfouissement).

L'implantation et la destruction du couvert entraînent une consommation de carburant plus importante que le maintien du sol nu pendant l'interculture.



portlet.vue.concept.structure.marge : geco.variation.VARIABLE

Les restitutions d'azote pour la culture suivante ne couvrent généralement pas les charges liées à la mise en place d'une culture intermédiaire. La marge globale à court terme sera donc diminuée, cependant les effets "à long terme" peuvent être bénéfiques (amélioration de la structure du sol, limitation érosion, vie du sol, ...) et contribuer à l'amélioration des marges. Le couvert peut aussi être valorisé (récolte, fourrages, ...).




portlet.vue.concept.structure.criteresSociaux


portlet.vue.concept.structure.tempsMecanisation : geco.variation.VARIABLE

Le temps de mécanisation est supérieur à une interculture sans couvert intermédiaire ni travail du sol. Il présente un niveau variable selon le mode d'implantation et de destruction en comparaison à une interculture avec travail du sol (réalisation de faux-semis par exemple).



portlet.vue.concept.structure.effetSanteAgriculteur : geco.variation.AUGMENTATION

Par diminution de l’usage des produits chimiques (sauf si destruction chimique).



Paysage : geco.variation.AUGMENTATION

Le maintien d’un couvert pendant la période d'interculture améliore l’aspect paysager quelle que soit la couverture du sol.





portlet.vue.concept.structure.organismesVivantsFavorisesDefavorises


portlet.vue.concept.structure.bioagresseursFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.bioagresseursDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions
Noctuelle de la tomate MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
acarien MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
charançon de la tige MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
charançon du bourgeon terminal MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite Toutefois, il est illusoire de penser défavoriser une gamme élargie de bioagresseurs sans en favoriser parallèlement d’autres. La question est donc bien de savoir qui génère les dégâts jugés les plus pénalisants et de choisir une solution en fonction de cette cible.
cicadelle de la betterave MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
cicadelle du blé MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
cicadelle du maïs MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
cécidomyie des fleurs de blé MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
cécidomyie du pois MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
hanneton MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
limace MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
méligèthe MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
noctuelle terricole MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
puceron MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
pyrale du maïs MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
scutigérelles MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
taupin MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
thrips du lin et des céréales MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
thrips du pois MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
tordeuse du pois MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite

portlet.vue.concept.structure.auxiliairesFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions
Araignées MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Carabes prédateurs et granivores MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Chilopodes MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs
Chrysopes et hémérobes MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Mammifères carnassiers MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs petits mammifères Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Oiseaux prédateurs MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs insectivores et/ou granivores Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Parasitoïdes MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Parasitoïdes Ennemis naturels des bioagresseurs Vérifier la classe d'héminoptère
Punaises prédatrices ou granivores MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs dont mirides Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).
Syrphes prédatrices MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs Toutefois, il est illusoire de penser pouvoir n’accroitre que les auxiliaires sans favoriser aussi quelques bioagresseurs. On se concentrera utilement sur l’auxiliaire qui semble le plus opportun de favoriser. Auxiliaires favorisés par des espèces cultibales en interculture. Cf. bibliographie (Les plantes attractives d'auxiliaires au jardin et en espaces verts).

portlet.vue.concept.structure.auxiliairesDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.classe portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.accidentsClimatiquesFavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.precisions

portlet.vue.concept.structure.accidentsClimatiquesDefavorises

portlet.vue.concept.structure.organisme portlet.vue.concept.structure.intensiteInfluence portlet.vue.concept.structure.precisions


portlet.vue.concept.structure.quelquesReferences

membres du CASDAR Interapi
ITSAP, 2014

Colloque de restitution du CASDAR Interapi qui a traité de l’impact des cultures intermédiaires mellifères sur les abeilles

membres du CASDAR Interapi
ITSAP, 2014
Minette S., Blondeau P., Catala C., Bessettes C., Guerin O.
CRA Poitou-Charentes, CA Vienne, CA Deux-Sèvres, CA Charente, CA Charente-Maritime, 2009
Arvalis
Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles Poitou-Charentes, 2010
Liste de plantes favorables aux différents auxiliaires.
Masquelier R.
Chambre d’agriculture Hauts-de-France, 2014
Ibis
Ibis, 2011
Document très complet sur les cultures intermédiaires (intérêt, réalisation technique, coût, réglementation).

portlet.vue.concept.structure.motsCles


portlet.vue.concept.structure.methodeControleBioagresseurs : Contrôle cultural
portlet.vue.concept.structure.modeAction : Atténuation
portlet.vue.concept.structure.typeStrategiePesticide : Reconception
portlet.concept.enrichissement.guest_message